Même la ruée vers l'or de 1849 en Californie, n'atteint pas le niveau de l'ouverture des terres en Oklahoma, où le 22 avril 1889, plus de 60.000 colons se ruèrent sur les terres autrefois indiennes. Les territoires étaient les dernières terres des grandes plaines non encore colonisées et propices à l'agriculture. Un demi-siècle plutôt, ces terres étaient les réserves des tribus indiennes qui s'étendaient de la frontière du Canada jusqu'au Texas. Du fait que ces terres étaient considérées comme trop éloignées et peu intéressantes pour les blancs, le gouvernement y avait déplacer les cinq nations civilisées indiennes. Les terres à l'ouest leur furent repris en 1866 par traité et plus d'une dizaine de tribus furent déplacées. Lorsque cette émigration fut finie, il restait une région non utilisée de 860.000 hectares connue sous le nom de "terres non-attribuées" ou "District d'Oklahoma". Jusqu'au jour de l'ouverture, les militaires patrouillaient la frontière pour empêcher les blancs de s'installer.

Les partisans de l'ouverture des territoires

En 1879, Elias C. Boudinot, un Cherokee qui travaillait comme employé au comité parlementaire à Washington s'allia aux blancs afin d'obtenir l'ouverture des territoires "non-assignés". Boudinot publia un article qui affirmait que ces terres appartenaient depuis longtemps au public, du fait qu'elles avaient été cédées par les indiens. L'année suivant, un vétéran de la guerre de sécession, David L. Payne commenca à passer illégalement des colons blancs sur les terres, mais les troupes militaires les expulsèrent. A la mort de Payne en 1884, W.L. Couch reprit la tête du groupe appelés "Boomers" pour l'ouverture du territoire.

Le jour de la grande ruée sur l'Oklahoma

Les années d'agitation des "Boomers" finirent par payer lorsque le congrès acquit les territoires et que le président Benjamin Harrison, fixa le 22 avril 1889 pour l'ouverture officiel des territoires. A midi, le son du clairon entraina des milliers de colons dans une course folle dans la prairie, à cheval, dans des chariots, à bicyclette, à pied et à bord de six trains. Avec des terres et des villages disponibles pour une petite fraction des colons, les premiers arrivés étaient prêts à défendre leur terres contre les retardaires à coup de fusil. Il y avait aussi les "Sooners", ceux qui étaient arrivés trop tôt (partis avant l'heure officiel) et qui durent rendre leurs terres. Ceci donna son surnon à l'Oklahoma : "Sooner State".

En route pour devenir le 46ème état des Etats-Unis d'Amérique

La ruée sur les terres de l'Oklahoma (en jaune sur la carte) commenca avec l'ouverture du District Oklahoma en 1889. En 1890, le territoire de l'Oklahoma était organisé. L'émigration favorisa l'ouverture d'autres terres inclua les 2.500.000 hectares du "Cherokee Strip". En 1896, une décision de la court suprême rattacha les comtés de Greer et Orange (Texas) au territoire de l'Oklahoma. L'acte "Homestead" et "Terres publiques" ouvrirent les territoires en rose. En 1901, une lotterie attribua les territoires en rouge. Les territoires indiens étaient ainsi réduits aux régions occupées par les cinq tribus civilisées (en vert). Avec l'acte Dawes, ces terres furent coupées en parcelles et attribuées aux indiens individuellement. En 1907, les territoires de l'Oklahoma et les territoires indiens se rejoignèrent pour devenir le 46ème état des USA. La population était alors de 1.500.000 personnes.

La ruée vers le "Cherokee Strip" en 1893

Le 16 septembre 1893, le "Cherokee Strip" vit déferler plus de 100.000 personnes sur ses 2.500.000 hectares. Comme pour l'ouverture des terres en 1889, les terres furent prises par les plus forts et les plus rapides.

Guthrie : première capitale de l'Oklahoma

Lorsque les colons descendirent du train à Guthrie le 22 avril 1889, la ville était constitué d'un réservoir d'eau, de la gare ferroviaire, d'un dépôt de la Wells Fargo (convoyeur d'argent) et un bureau du gouvernement. Depuis que le président Harrison avait mentionné que Guthrie serait la capital du territoire, la compétition pour les terrains était féroce. A la tombée de la nuit, plus de 10.000 personnes avaient fait enregistrés leur propriété et les tentes fleurissaient partout (voir la photo). Le jour suivi, un conseil municipal et un maire furent élus et dans les semaines suivantes furent construits une école, une banque et un journal. Les marshals fédéraux et les militaires n'avaient pas autorité concernant les problèmes d'attribution de terres et ils ne pouvaient qu'eviter que cela se termine dans un bain de sang. Heureusement la plupart des disputes étaient résolues par arbitrage ou à "pile ou face". En 1893, Guthie était la ville florissante de l'Oklahoma. Après que l'Oklahoma devint le 46ème état, Guthrie continua à être le centre du gouvernement local jusqu'en 1910, lorsque Oklahoma City (45 km au sud) devint la capitale officielle par vote populaire.

Des villes construites en une journée

Au début, les villes ressemblaient à des campements vite montés et vite emportés par le vent, tels ceux le long de la voie ferrée. Cependant, dans des villes comme Guthrie, Oklahoma City, Norman, la population pensait au futur et construisait dés le début pour durer. Ils elisèrent immédiatement les responsables de la ville, même s'il n'y avait pas d'argent pour payer les salaires. Le problème fut résolu en taxant les joueurs de cartes (présents en masse) chaque matin et utilisant l'argent pour payer les salaires et entretenir les rues. Un des autre problèmes était les colons qui avaient planté leurs tentes au milieu de ce qui devait devenir une rue, une fois les géomêtre passés. Les rues étaient formées par des troncs d'arbre tirés par des mules, et les malheureux colons n'avaient plus qu'à déménager rapidement.

Une chaise et une caisse de bois servait de bureau à ces hommes qui ouvrir leur commerce à Guthrie le premier jour de l'ouverture des terres. Il n'y avait de cour de justice, pas de juges et par de police ; mais les avocats étaient occupés à enregistrer les titres de propriété pour les colons à raison de 25 cents à 2 dollars la pièce. Ils étaient aussi disponibles pour aider à arbitrer les plaintes sur la propriété des terrains.


Jour de lessive à Ragtown (maintenant Anadarko). Sur la rivière Washita dans le sud-ouest de l'Oklahoma, Anadarko était situé sur des terres ouvertes par lotterie en Août 1901. Bien que l'établissement de la ville ai commencé plus tard que les villes ouvertes en 1889, Anadarko fêta en 1902 son premier anniversaire avec une parade.

Cette famille devant leur cabane près de Guthrie en été 1889, était l'une des 10.000 familles noires qui enregistrèrent des terres pendant les premiers jours de l'ouverture des "territoires non-assignés". Trouvant leurs opportunités réduites dans le sud après la guerre de sécession, plusieurs dizaines de milliers de noirs américains partirent vers l'ouest, recherchant un nouveau départ sur des terres leur appartenant enfin. Entre 1890 et 1910, la population noire augmenta en Oklahoma de 53% et 27 villes "noires" furent fondées.

Quelques-unes des boutiques de Harrisson Avenue à Guthrie, nommée ainsi en mémoire du président Benjamin Harrison. Les gens montraient beaucoup d'imagination afin de trouver un moyen d'existence. Certains trouvèrent de l'argile rouge et montèrent une fabrique de briques. Un autre installa des toilettes publiques sur son terrain et récolta assez d'argent pour ouvrir un boutique de harnais pour chevaux.

Le premier saloon légal en Oklahoma, fut ouvert à Guthrie en 1890 par Moses Weinberger (au centre). A gauche, le barman Mack O'Brien et à droite Ike Reed, un serveur noir. Tom Mix, qui devint plus tard un cow-boy celèbre à Hollywood, travailla comme barman pour une courte période au saloon Blue Bell à Guthrie. D'autre personne celèbres passèrent par Guthie, comme l'humoriste Will Rogers, ou William Wrigley qui fabriqua son premier paquet de chewing-gum à Guthrie.

Les maisons de jeu à Guthie, comme la plupart des lieux publics de cette ville étaient fréquentées à toutes heures. L'historien W.Eugene Hollon rapporte les propos d'un ancien : " il semble que vous attendiez toujours votre tour pour tout, pour enregister les actes de proprétés, pour avoir un seau d'eau, ou pour manger au restaurant. Quoi que vous fassiez, il fallait toujours attendre.

 

v
La ruée sur les terres de l'Oklahoma